L’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril dernier, nous a rappelé notre attachement profond au patrimoine de notre pays. Il nous a montré aussi combien elle était constitutive de l’identité et de l’exception françaises aux yeux du monde. En filigrane, les débats ont été révélateurs de notre culture du risque, de nos angles morts et de notre conception de la responsabilité.

Un peu de naïveté d’abord, puisqu’il est évident que Notre-Dame n’était pas assurée pour l’ampleur et les dommages d’un tel incendie. Parce qu’un tel risque ne pouvait être pris en charge par aucune institution. Autre débat, l’enquête le dira peut-être, mais il n’y a que peu de doute sur le fait qu’une personne, un comportement soit à l’origine de l’incendie. Sans stigmatiser qui que ce soit, quelqu’un est responsable de cet incendie. Mais ce fait-même est difficile à affirmer dans un contexte général où notre rapport au risque est loin d’être pacifié. En témoigne d’ailleurs, la promesse – déraisonnable – que le Président s’est empressé de faire devant les caméras : Notre-Dame sera réparée et reconstruite en 5 ans. Cette promesse-là est une réponse politique de conquête, on le comprend bien. Elle est aussi une forme de fébrilité face au risque et à ses conséquences.

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